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Marc PENAUD (promotion 1991) nommé directeur du CHU de Toulouse

Nominations

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17/10/2018

Les défis de Marc Penaud, le nouveau directeur du CHU de Toulouse

Par Stéphane Thépot

La médecine de demain ? Elle devra « intégrer des ingénieurs, des biostatisticiens, des spécialistes des data et des métiers qui restent à inventer ». 

Le nouveau directeur du CHU de Toulouse a pris ses fonctions le 2 juillet. Originaire de La Rochelle, ce diplômé de Sciences po Bordeaux a effectué une bonne partie de sa carrière en Alsace. Ce quadragénaire arrive de Mulhouse, où il a mené à bien la fusion des établissements publics de santé du Haut-Rhin. « Il y a dans ce département des villes moyennes comparables à des préfectures, comme Cahors, Auch ou Montauban, avec des hôpitaux confrontés à des problèmes de démographie médicale similaires », explique Marc Penaud, qui entend bien « redonner du sens aux hôpitaux de proximité ». Sa nomination à Toulouse coïncide avec la présentation en septembre du Plan santé par Emmanuel Macron, qui s'est engagé à ne plus procéder à des fermetures de « petits » hôpitaux pour des raisons financières. Un thème sensible en Occitanie, où l'on a vu régulièrement des élus locaux aux côtés du personnel soignant pour défendre une maternité ou un bloc opératoire dans la plupart des départements ruraux. 

« Le Plan santé m'a rassuré, il porte une vision jusqu'en 2022 avec de nombreuses propositions orientées autour des territoires déshérités », note le nouveau directeur du CHU de Toulouse, qui avait signé avec le Pr Guy Vallancien une tribune remarquée dans Le Figaro, en juillet 2017, sur la nécessaire évolution des hôpitaux français. Urgences saturées, crédits en baisse, personnel médical insuffisant : le texte ne faisait l'impasse sur aucun des maux dont souffrent les établissements de santé à bout de souffle, perpétuellement au bord du burn-out. 

« Je défends le système français de sécurité sociale par répartition. On doit pouvoir soigner les gens sans considération de revenus. » 

Marc Penaud 

Débarquer à la tête d'un CHU qui s'adjuge les meilleures places au palmarès publié par Le Point depuis des années n'exonère pas Marc Penaud du sens de la solidarité. « Je défends le système français de sécurité sociale par répartition. On doit pouvoir soigner les gens sans considération de revenus, mettre à disposition le matériel ou les médicaments les plus pointus où qu'ils vivent, sans oublier personne », affirme-t-il. Mais cela impose une nécessaire coordination. « Il ne faut pas que tous les hôpitaux fassent tout. Le spécialiste est une denrée rare. Il faut cesser de se livrer des guerres féroces dans certaines disciplines. En Alsace, on a arrêté de disperser les moyens partout . » 

Féru de nouvelles technologies, Marc Penaud a profité de son passage à Grenoble pour passer un MBA de management de l'innovation. « J'avais posé les bases d'une cité des technologies médicales regroupant les industriels avec la recherche académique et l'hôpital » , raconte-t-il. Il expose sa vision de la médecine de demain : « Elle devra intégrer des ingénieurs, des biostatisticiens, des spécialistes des data et des métiers qui n'existent pas encore et qui restent à inventer pour la coordination de cette pluridisciplinarité. » Les gestionnaires et administrateurs de la santé publique que sont les directeurs d'hôpital peuvent aussi être des « chercheurs » à ses yeux. « La bonne recherche n'est pas seulement clinique, elle se pratique aussi dans l'organisation » , professe Marc Penaud. 

Revendications. Confronté, dès son arrivée à Toulouse, aux revendications des syndicats qui estiment qu'il manque jusqu'à 1 000 postes au CHU, comment le directeur entend-il faire partager sa vision d'une médecine de pointe, à base de robots, de data et de nanotechnologies ? « En tant que directeur d'hôpital, je dois sans cesse me poser cette question : qu'est-ce qui est le plus utile ? Il y a énormément de choses qui ne sont pas utiles dans un si grand établissement » , assure Marc Penaud en se lançant dans une longue énumération : prescriptions d'examens à répétition, temps d'attente pour les patients ou temps perdu par le personnel. Optimiser le fonctionnement du CHU peut être très prosaïque. « Si on range mal une armoire ou si celle-ci est située au bout du couloir d'un service, cela peut faire perdre du temps, mais aussi beaucoup d'argent si vous multipliez le problème par 3 000 lits. » 

La technologie représente aux yeux de Marc Penaud un gage d'efficience. Il cite l'exemple du suivi des patients diabétiques, qui pourront bénéficier de conseils de nutrition à distance grâce à l'intelligence artificielle : un algorithme peut désormais calculer un repas personnalisé pour chaque malade. La télémédecine pourra aussi traiter les risques de dépendance des personnes âgées. Le CHU sera en mesure de suivre des cas individuels en s'appuyant sur un réseau de médecins de ville ou un groupe d'infirmiers, sans avoir à hospitaliser les patients. La non-sélection du projet d'institut hospitalo-universitaire sur le vieillissement et la dépendance (IHU-Inspire), élaboré conjointement par le CHU et l'université Paul-Sabatier, n'est pas de nature à décourager Marc Penaud. « Les équipes vont continuer à travailler. Nous allons bientôt avoir jusqu'à 30 % de la population qui dépassera les 75 ans, mais on ne va pas ouvrir 30 % de lits supplémentaires en Ehpad. Il faut trouver d'autres solutions opérationnelles. » 

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